Hébergement
Le Gîte
Tarifs / Dispo
Plan
Contacts / Réserv.
Brochure PDF

Les Alentours
Carte interctive
Lac du Salagou
Saint-Guilhem le D.
Cirque Navacelles
Prieuré Grandmont
La Couvertoirade
Lodève
Roquefort
Villeneuvette
Moureze
Pezenas

Activités

VTT
Canoë
Grotte Clamouse
Les olives
Huilerie

Le Village

Présentation
Historique

Photothèque
Paysages
Personnages
Festivités
Les Capitelles

Liens sympas
Festivités Hérault
Atelier de Maxime
La Baume Auriol
Montpeyroux
Canal du midi
Musique d'OC

Saint-Privat, le grès, les meules :

La commune de Saint-Privat se trouve au nord du département de l'Hérault. Un quart du territoire de la commune se trouve sur la causse du Larzac. De nos jours, la commune compte approximativement 200 habitants répartis sur trois villages, elle en comptait plus de 500 en 1851.

En cette fin de XIXeme siecle, les habitants de cette petite commune ont compris qu'ils pouvaient tirer partie d'une des ressources du sous-sol : le grès. Cette roche, formée par sédimentation de débris issus de l'érosion, affleure à plusieurs endroits de la commune comme en témoigne la présence de chtaigniers, d'arbousiers et surtout de bruyère. Cet arbuste témoigne de l'acidité du sol, celle-ci provenant du quartz qui constitue en grande majorité le grès.

 

Le grès à cette particularité d'être un excellent abrasif (sédimentation de débris de quartz), c'est donc le matériau idéal pour affuter les outils en métal mais aussi pour polir le marbre.

Taillées en forme cylindriques et montées sur un axe généralement horizontal, elles étaient très utilisées par les rémouleurs.

 

Les étapes de fabrication :

 
Le débroussaillage du terrain  
Le décapage des couches superficielles de grès qui ne présentent pas une qualité suffisante pour réaliser des meules  
le minage : "Ils tournaient la barre dans le trou, au fur et à mesure, en mettant de l'eau pour attendrir la pierre de grès. Ils descendaient à une profondeur d'un ou deux mètres, puis ils bourraient le trou avec une poudre explosive noire qu'ils avaient fabriquée avec du souffre et du salpètre. De cette façon, ils arrivaient à détacher les gros blocs qu'ils apportaient ensuite à l'usine des Salces." (témoignage d'un habitant des Salces).

le débitage, sans explosif, à l'aide de coins de fer enfoncés avec une masse de 15 kg environs, dans les rainusres exécutées avec la pique.

le tracage de la meule avec un compas en fer
l'ébauchage de la meule au marteau
le dégrossisage des deux faces de la meule au moyen de la pique, puis le piquetage régulier dans un sens, puis dans l'autre.

Il fallait une heure et quart de travail pour tailler une meule de 54 cm de diamètre et 7,5 cm d'épaisseur.

 

Une fois terminée, les meules des petits exploitants étaient empilées sous un abri, généralement construit à proximité de la carrière.

Elles étaient ensuite rassemblées dans un grand entrepôt, comme celui dont on voit les ruines sur la route de Saint-Jean de la Blaquière, à la sortie de Saint-Privat.

Unité de mesure et prix de vente :

L'unité de mesure est le "numéro". A chaque taille de meule (de 18 à 96 cm) correspond un certain nombre de numéros (de 2 à 64). On totalise les numéros correspondants à chaque meule et c'est la centaine de numéros qui constitue l'unité de vente.

Les associations :

Très vite les petits exploitants comprirent le bénéfice qu'ils pouvaient obtenir d'une organisation structurée, aussi, ils constituerent deux associations :

  • La Société Fraternelle (1889 - 1936)
  • L'Association Générale (1909 - 1920)

Les membres s'engageaient alors à ne pas vendre leur production autrement que par leur association.

 

L'acheminement des meules:

J'usqu'au début du 20e siecle, les meules quittaient les territoire communal sur des charrettes qui les acheminaient jusqu'à Lodève (manufactures textiles) ou jusqu'à Montpellier et Sete.

Les meules étaient ensuite transportée en bateau jusqu'en Italie où elles étaient utilisées pour polir le marbre.

La création de la ligne de chemin de fer (1863) facilita le transport des meules vers les différents ports (Sete, Marseille, Port Saint-Louis).

 

 

Evolution de la population :
 
La courbe démographique, fait apparaître trois paliers repérés A, B et C et 2 fortes baisses repérées 1 et 2.
 

Palier A (1836 - 1872)
1836 : 516 habitants
1841 : 500 habitants (min)
1851 : 532 habitants (max)
1872 : 502 habitants

Palier B(1886 - 1906) :
1886 : 405 habitants
1891 : 420 habitants 
1906 : 379 habitants

Palier C (1921 - 1931) :
1921 : 275 habitants
1931 : 266 habitants

Ces trois  paliers, sont séparés  par des  périodes de 15 ans où les  pertes en habitants sont les  plus  importantes.

Période 1 :(1872 - 1886) perte de 97 habitants en 14 ans

Période 2: (1906 - 1921) perte de 104 habitants en 15 ans

Alors que les pertes sont moins brutales dans  les paliers :
a : 30 habitants en 20 ans,
b : 41 habitants en 15 ans.
c : 13 habitants en 10 ans.

Ces fluctuations démographiques coïncident avec l'évolution du vignoble languedocien et les crises viticoles.
 

Le développement du vignoble (palier A) :

En effet, la progression du vignoble entre 1820 et 1850 est très lente. Mais  brusquement, aux premières années de l'Empire, éclate la frénésie des  plantations. Ceci est dû pour une bonne part, à l'établissement des chemins de fer, qui  abaisse le coût des transports  (un muid de Vin de Montpellier à Lyon valait 50 Frs  par la route en 1840,  il  n'en vaut que 10 Frs  par le rail).

C'est en 1858 que Lodève est relié à Sète par le rail. D'autre part, la moyenne de la consommation nationale de vin passe de 51  litres  par habitants  à 77 litres en 1872.

Enfin, prix de vente moyen de vin quadruple entre 1840 et 1856.  Il passe de 9 Frs par hectolitre à 35 Frs et retombe en dessous de 10 Frs après  1856.

Ces augmentations correspondent aux deux points forts,1851  et 1856 du palier A.
 

Le phylloxéra (période 1) :

Ces temps heureux vont vite faire place à une crise catastrophique, résultant de l'invasion du phylloxéra.  L'Hérault comptait 220 000 ha de terres  plantées en vignes en 1874,  il  lui en reste 47000 en 1883,  Ces dates correspondent à celles de notre "période 1" de dépeuplement.

Pour R.  DUGRAND, "les effets de cette destruction furent extraordinaires. La classe des moyens et petits  propriétaires subi  une colossale hémorragie humaine.  Pendant la période de quasi arrêt de la production viticole, tous  les villages bas-languedociens perdirent 10 à 20 % de leurs  habitants".

Cette fuite fut celle des  petits paysans dépourvus de toute réserve monétaire et des ouvriers agricoles désormais sans travail   qui  partirent créer le vignoble d’Afrique du Nord ou se fixèrent dans les grands creusets urbains nationaux.
 

La reconstitution du vignoble (palier B) :
Le "palier B"  (1886-1906)  correspond à la période de reconstitution du vignoble qui  amènera rapidement l’aire des crises de surproduction.  "La grande crise de 1905, qui  interrompt de façon brutale la prospérité post-phyiloxérique ,  inaugure, … une nouvelle période caractérisée, en année normale, par les excédents  viticoles".
 

La crise viticole et la guerre de 1914 (période 2) :
Aggravée par la grande fauche de la guerre de 1914-1918 (15 disparus), la crise de surproduction viticole correspond à la "période Il" de dépeuplement,
 

Organistion de la paysannerie (palier C) :
Enfin, le dernier "palier C" correspond à une période d'organisation de la paysannerie et d’avantages fiscaux et sociaux  : Caisses de Crédit, Caves coopératives, augmentation des salaires agricoles,  impôts  proportionnels.

Après  la grande Crise économique de 1929, un nouvel exode rural s'amorcera,  identique aux précédents dans son taux élevé de dépeuplement.
 

Les Pages Jaunes de 1905 :

Maire :  F. Delmas (les Salces)
Adjoints : M. Gouneaud (St Privat)
Conseillers : M. Delmas, L. Giscard, L; Enjalric, E. Vernet, E. Peytavi, H. Jaumes, J. Sauclières

Curé : Léotard (les Salces)
Instituteur : J. Puel (les Salces)
Institutrice : Mme Fulcran
Secraitaire de Mairie : J. Puel
Receveur Buraliste : Fronty (les Salces)
Garde : F. Causse (les Salces)
Cantonniers : Giscard, Teissier
Télégraphe : Mme Blanc (les Salces)
Affenage et auberges : Sérieys, Bellet, Jeanjean
Bouchers : R. Roques, F. Guiraud (les Salces)
Cafés : Serieys, Bellet, Jeanjean
Coiffeurs : Delmas, Fromenty, Villa
Cordonniers : E. Serres, Brun

 

Bibliographie :

Les textes, photos et illustrations relatives aux meules de Saint-Privat sont extraites d'une étude réalisée en 1973 par Alain RIOLS ainsi que de la brochure réalisée en 2003 par la Charte Lodévois-Larzac.

Textes : Alain RIOLS, Valérie FRANCISQUET, Charlotte LABORDE, Bernard DERRIEU
Illustrations : Photographies d'Alain RIOLS, dessins Charlotte LABORDE